Le Repaire des Sciences
Sciences Physiques et Chimiques

 

 

 

 

     La tension artérielle : qu'est-ce que c'est ?

 

 

 

La tension artérielle est le résultat de la pression qu'insuffle le cœur au sang en le poussant et de la résistance de la paroi des vaisseaux.
En imageant un peu : si on met une pompe au bout d'un tuyau et que l'on envoie un liquide sous pression, selon la nature du tuyau, la pression ne sera pas la même à l'intérieur. Si le tuyau est rigide, la pression sera maximale et le liquide passera très vite, mais avec des turbulences. Si le tuyau est élastique, la pression utile pour pousser sera moindre car le tuyau va un peu se dilater et laisser passer plus de liquide, à peu près autant de débit. Les turbulences seront neutralisées par les parois élastiques du vaisseau. Si le tuyau est trop mou, il va se dilater énormément, il deviendra trop gros pour le débit, des turbulences vont à nouveau apparaître. Le débit sera médiocre avec des zones de stagnation de liquide.


Dans le corps, le cœur essaie d'assurer un débit. Il doit donc trouver une pression utile en fonction de l'élasticité des vaisseaux. Avec des vaisseaux rigides, de petit calibre car rétrécis, il sera obligé de pousser fort et va s'user prématurément. Avec des vaisseaux trop mous, il sera obligé de battre plus vite car incapable d'assurer une pression dans ces vaisseaux. En outre, du fait de la stagnation, il y aura une fâcheuse tendance à faire des caillots et donc des embolies. C'est le problème des varices et des états de choc où le volume de sang ne permet plus de remplir sous pression les artères.

Avec les artères normalement élastiques, le cœur ne sera pas obligé de pousser trop fort ni de battre trop vite. Il ne fatiguera donc pas.


En pratique comment cela se traduit-il sur la tension artérielle ?

La tension artérielle donne deux chiffres, la maxima et la minima ; on dit aussi la systolique (contraction du cœur) et la diastolique (décontraction du cœur).
Lorsque le cœur pousse, la tension maximum qu'il est capable de donner pour vaincre un obstacle (le brassard gonflé du tensiomètre) est donnée par la systolique, il engendre alors des turbulences car le passage pour le sang est insuffisant. Lorsque le brassard se dégonfle, le flux se réduit et les turbulences disparaissent : le flux devient laminaire, on parle de diastolique. Au stéthoscope, la systolique correspond à la phase ou le sang arrive à vaincre la résistance du brassard ; on entend alors les turbulences sous la forme de l'onde de choc des pulsations cardiaques. La diastolique est une tension plus basse qui correspond au flux sans turbulence qui passe sous le brassard ; au stéthoscope, les bruits d'onde de choc du pouls ont disparu, ce qui ne veut pas dire que le sang ne circule plus, mais qu’il commence à ralentir sérieusement.

Comment s’y prendre pour mesurer une pression artérielle ?

Le matériel comprend un brassard gonflable relié à un manomètre à cadran, et un stéthoscope permettant l’écoute des battements cardiaques.

Etape 1 
Le brassard comprime l'artère du bras: le sang ne passe plus, il n'y a plus aucun bruit perçu par le stéthoscope.

Etape 2

Le médecin dégonfle doucement le brassard. Le sang passe à nouveau dans l'artère: un bruit est perçu par le stéthoscope et la valeur de la pression artérielle est lue au même moment sur le cadran.

La pression artérielle mesurée à cet instant est la pression artérielle maximale, la systolique.


Etape 3

Le médecin continue à dégonfler le brassard. Le sang passe de mieux en mieux et un bruit est toujours perçu par le stéthoscope.


Etape 4

Le brassard continue à être dégonflé, le bruit est de moins en moins audible par le stéthoscope. Puis le bruit disparaît: la pression artérielle est alors lue sur le cadran et définie la minima, c'est la pression artérielle diastolique.


Schématiquement, la systolique doit être inférieure à 16 et la diastolique doit être inférieure à la moitié de 15 plus 1 point. En pratique, en dehors de toute maladie (fièvre, diarrhée, fatigue, choc...), plus une tension est basse, plus l'espérance de vie est élevée. Pour la diastolique, l'important n'est pas qu'elle soit de la moitié de la systolique plus 1 point, mais plutôt qu'il y ait une large différence entre systolique et diastolique, car c'est cette différence qui permet le gros du débit et donc la perfusion des tissus du corps.



Quelques situations particulières

La plus fréquente des situations particulières est la prise de tension artérielle chez le médecin. On estime qu'elle est surévaluée de 1 à 2 points du fait du stress même inconscient (c'est l'effet blouse blanche).

Un sportif qui fait un sprint peut avoir entre 25 et 30 de tension mais n'est pas hypertendu.

En cas de rétrécissement de la valve de sortie du cœur (la valve aortique), la tension est forcément plus basse, mais à même résultat tensionnel, le cœur travaille plus. Le patient perd le bénéfice de cette moindre tension.

Chez la femme enceinte, une tension de 15/9 est le maximum acceptable.

Chez des gens qui ont les artères très rigides, le médecin peut entendre une diastolique très très basse car les parois rigides transmettent les bruits du coeur, ce qui n'existe pas sur une paroi élastique. La diastolique perd donc toute sa valeur. Il s'agit là de personnes âgées.

Selon l'Organisation mondiale de la santé, l'hypertension artérielle se chiffre à une tension systolique (TS) égale ou plus grande à 160 mmHg et à une tension diastolique (TD) égale ou plus grande à 95 mmHg. On dit que la pression sanguine est optimale à moins de 120 systolique et à moins de 80 diastolique ou 120/80. Une pression sanguine se situant entre 120-139/80-89 augmente les risques de maladies, tandis qu'une pression sanguine élevée est de 140/90 et plus. Il est important de souligner qu'une seule lecture élevée de la pression n'est pas suffisante pour prouver une hypertension. Des facteurs externes peuvent influencer le résultat et le fausser, soit la prise d'un gros repas ou de l'exercice effectué avant l'examen ou tout simplement l'anxiété à la simple vue «d'une blouse blanche». De plus, pour parler d'hypertension artérielle, les résultats doivent être élevés à au moins deux occasions différentes et à partir d'au moins deux lectures chaque fois.